Pour ceux qui n'étaient pas au rendez-vous mercredi dernier, pouvez-vous nous présenter " Face au danger " ?
Eh bien, on raconte à nos téléspectateurs des histoires vraies vécues par des gens ordinaires. Des situations extrêmes, où ils ont frôlé la mort. Et qui pourraient arriver à chacun de nous un jour ou l'autre. D'autre part, des séquences impressionnantes, baptisées " La nature en furie ", montrent des images inédites de catastrophes. Tout cela reste un divertissement familial agréable à regarder, mais qui contient une certaine dramaturgie.
Les sujets sont-ils exclusivement belges ?
Non. Pour cette première saison, on passera principalement des événements qui se sont déroulés aux Etats-Unis et dans quelques pays européens. Entre nous, je ne suis pas certain que le public souhaite revivre des faits qui ont eu lieu dans notre pays. On a préféré aller voir ce qui se passait hors de nos frontières, mais pourquoi pas une émission 100 % belge dans le futur...
Le concept ressemble étrangement à celui d'" Explosif ", sur AB 3...
Des images de tornade, d'incendie, de tremblement de terre, tout le monde sait à quoi ça ressemble. Je peux vous garantir que les reportages que nous diffusons sont totalement inédits. Ils ne sont donc pas vus et revus. Il y a aussi très peu de reconstitutions, car bien souvent, une caméra était présente sur les lieux.
Proposer ce style d'émission en cette période propice à la détente et au divertissement, n'est-ce pas un risque ?
Non. Il n’est pas nécessaire d'aller sur les plages, tourner au soleil, pour réussir un magazine estival. A la télévision, il faut faire passer de l'émotion, et c'est véritablement ce qui prime ici. Lors des plateaux de présentation de " Face au danger ", nous avons volontairement accentué le côté dramatique. L'éclairage a été travaillé dans le but que l’ambiance soit au suspense. C'était très marrant à réaliser, parce que je suis plutôt du genre à rire souvent.
Donc, vous n’avez pas peur de vous retrouver " face au danger " de l’audience ?
J’aime la tournure de votre question... (Rires.) Non, je n’ai pas de crainte. En réalité, j’attends ça depuis toujours. C’est tout le plaisir de travailler à la télé. S’il n’y avait pas de concurrence, ce ne serait pas marrant. J'ai souvent présenté des programmes dont les résultats d'audience n'étaient pas capitaux. Là, c'est différent. Pas tant pour ce programme de huit numéros que pour la suite me concernant.
Ah oui, vous êtes le nouveau visage du service public...
Je dirais plutôt nouveau visage estival ! (Rires.) Les téléspectateurs me découvrent en prime time, même si je suis présent sur les antennes de la RTBF depuis cinq ans déjà.
Il paraît que vous étiez en attente d’une émission supplémentaire en Belgique. Exact ?
Disons que depuis quelque temps, on discute avec la direction des programmes pour voir de quelle manière je peux évoluer au sein de la chaîne. J'ai fait des tests l'année dernière pour un magazine qui, au final, ne me correspondait pas vraiment et qui, du coup, n'a jamais vu le jour.
N’avez-vous jamais eu envie d’aller frapper à la porte de RTL-TVI ?
On m'a proposé plusieurs fois de me mettre en contact avec l’Avenue Georgin, car on me dit souvent que j’ai davantage un profil RTL que RTBF. Mais c'est la Une qui m'a ouvert ses portes. Tant que je trouverai du plaisir à travailler avec ses équipes, pourquoi changer ? Je pense être à la fois fidèle et reconnaissant envers ceux qui me font confiance.
Vous présentez depuis 2005 le tirage du Lotto. Comme vous venez de Paris, n’est-ce pas astreignant de faire tous ces déplacements pour quelques minutes d’antenne ?
Non, car comme je dis toujours, le Lotto, c'est le programme qui m'a permis de venir travailler en Belgique. C'est certainement aussi ce qui a donné envie à la RTBF de me confier " Multimédia mag ", en 2008, « Le meilleur du Web » et « Face au danger ».
En tant que Français, quel est votre point de vue sur le paysage audiovisuel belge ?
C'est comique, car je discutais il y a quelques jours avec Julie Taton qui, elle, va travailler en France. Elle avait du mal à comprendre ma motivation. Pour les Français, je suis un Belge qui bosse à Paris ! Dans tout ça, je vais où l'on a besoin de moi. J'aime voyager, bouger, rencontrer des personnes différentes, pour ne jamais tomber dans la monotonie. Je m'ennuie quand je ne fais rien.
Face au Danger, ce mercredi 14 à 20h20 sur La Une.
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans Ciné-Télé-Revue du 8 juillet 2010.
Propos recueillis par Fabrice Staal