Chef de projet, Christian le Bozec suit de A à Z l'élaboration d'une saison de Koh-Lanta. Décor, casting, narration... il dit tout les nouveautés de Koh-Lanta Palau.
Comment avez-vous pensé cette nouvelle saison de Koh-Lanta ?
Avec le Retour des Héros, nous avions pris quelques libertés avec les fondamentaux. Pour le Koh-Lanta dit "classique", la problématique était simple : il fallait satisfaire les téléspectateurs en terme de surprises, sans pour autant les dérouter. Le public doit retrouver le Koh-Lanta qu'il adore. Heureusement la plupart du temps, les rebondissements sont apportés par les candidats eux-mêmes : on est incapables de deviner ce que nous réserve le destin !
Cette année, les candidats s'envolent pour la Micronésie...
C'est toujours difficile de trouver un lieu dans lequel tourner, car les contraintes techniques et logistiques sont nombreuses, et la sécurité des candidats reste notre plus gros souci. Avec Palawan, Caramoan, puis l'Amazonie, nous avions mis la barre très haut. Mais nous avons trouvé encore mieux avec la Micronésie. Moi qui connais très bien la zone tropicale, je n'ai quasiment jamais vu d'endroit aussi beau. Le décor est ahurissant !
L'an dernier, vous citiez d'ailleurs déjà la Micronésie comme éventuel lieu de tournage...
Cela faisait longtemps que nous avions envie d'aller là-bas. Palau a déjà accueilli un Ushuaïa, mais c'est surtout un endroit mythique pour les plongeurs. Même si le repérage a eu lieu sous une pluie battante, le paysage était inouï. Il y a une variété de décors invraisemblable.
A chaque région, ses dangers. Quels sont ceux de Palau ?
Dans l'eau, il y a tout ce qu'il faut pour se faire mal ! Mais ce n'est pas un endroit hostile comme l'était l'Amazonie. La Micronésie a offert le plus beau campement qu'on n'ait jamais eu sur Koh-Lanta ! Les candidats avaient accès à trois plages différentes, et l'une des équipes a pu manger plus de poissons que nécessaire.
D'où vous vient cette envie sans cesse renouvelée ?
J'attends toujours impatiemment le casting, ça met une pèche incroyable ! Isabelle Gambotti, directrice de casting, interviewe 600 personnes tous les ans. Avec elle, je rencontre les 100 derniers et je suis toujours épaté de leur motivation. Certains ne paient pas de mine, et pourtant leur vie est insensée. Les gens sont géniaux quand on les écoute.
Comment expliquez-vous la diversité des candidats qui se présentent au casting ?
Égalité, fraternité, survie. Quelle que soit leur origine sociale, professionnelle ou culturelle, les candidats sont sur un pied d'égalité. Tout le monde a sa chance dans Koh-Lanta, c'est la base du jeu. Il ne faut pas le durcir dans le sens des sportifs ou des calculateurs.
Les années passant, n'est-ce pas compliqué de trouver de nouvelles personnalités intéressantes ?
C'est difficile, non pas de trouver mais de faire un choix ! Avec le succès qui se confirme d'année en année, la pression est là. Lors du casting, on a face à nous des Français comme les autres, alors que l'on a en référence des personnes qui sont devenus des personnages emblématiques, et dont les qualités ou les travers nous sont devenus familiers. On se demande : va-t-on trouver des candidats qui ont envie de vivre des choses fortes avec les autres, envie de laisser parler leur nature ?
Que dégage le casting de cette année ?
Ils sont sympas ! J'ai l'impression qu'il y a moins de grincheux que les années précédentes. Ils sont très ouverts et jouent le jeu de la survie à fond, sans arrières pensées.
Quelles sont les spécificités de cette édition ?
On a commencé avec un naufrage un peu original, afin de jouer avec l'image des Robinson Crusoé. L'idée était de revenir aux origines, pour que les candidats aient conscience d'être des naufragés au milieu de nulle part. Ce qui m'a marqué par la suite, c'est qu'aucun épisode ne ressemble à un autre ! Et attendez-vous à du jamais vu sur Koh-Lanta !