Date de création: 07/05/2008
Sur une idée du romancier de « L.A. Confidential » et du « Dahlia noir », la difficile cohabitation, pour un policier, d’un métier confronté quotidiennement au crime et d’une vie de famille avec femme et enfants. Plusieurs romans de James Ellroy ont déjà fait l’objet d’une adaptation à l’écran, dont « Cop » (1987), « L.A. Confidential » (1997) et « Le dahlia noir » (2006). Mais Ellroy n’a écrit que deux intrigues pour le cinéma : « Dark blue » (avec Kurt Russell), déjà scénarisé à l’époque par le réalisateur David Ayer, et « The night watchman », à l’origine de « Street kings ». Ayer et Ellroy ont en commun le même amour pour leur ville, Los Angeles, dans sa beauté comme dans ses aspects les moins ragoûtants, et une pareille fascination pour les dysfonctionnements de sa police. Comme dans ses précédentes expériences scénaristiques – « Training day », « S.W.A.T. » et « Bad times » –, David Ayer explore, dans « Au bout de la nuit », les thèmes du pouvoir, de la corruption et de la difficulté pour un policier de concilier vie de famille et confrontation quotidienne au crime et à l’horreur. Comme le résume avec pertinence le cinéaste : « Donner à quelqu’un la possibilité de prendre une vie humaine est un pouvoir incroyable, qui n’est pas sans conséquences psychologiques. » A cet égard, Ayer a voulu poser quelques questions élémentaires mais pas forcément abordées dans les films, puisque la priorité de divertir force précisément à les éluder. Ainsi, quel pourcentage de bavures est-on prêt à accepter pour le bien de tous ? Comment peut-on systématiquement blâmer ceux qui risquent leur vie pour autrui ? Et qui protège ceux qui nous protègent ? Autant d’interrogations propres en effet à susciter un certain malaise. Daniel De Belie |
Date de création: 30/04/2008
Par le réalisateur des décapants « Dog soldiers » et « The descent », une incursion dans un futur apocalyptique, où virus et pandémies font plus de victimes que la guerre. Neil Marshall a une prédilection pour le film d’action aux forts relents gore et un savoir-faire inné dans la mise en place d’une ambiance. Après « The descent » et « Dog soldiers », sa constance dans le genre l’a même versé dans la famille du « Splat Pack », comme il y avait le « Rat Pack ». « Splat » signifiant « éclabousser ». Eclabousser l’écran d’une combinaison d’action non-stop, de coups de théâtre propres à semer l’effroi et de paysages cauchemardesques. Vous voilà prévenus. Avant de se lancer dans un nouveau projet d’épouvante, intitulé « Sacrilège », Neil Marshall devrait diriger Hugh Jackman dans « Drive ». L’histoire d’un cascadeur dont la tête se retrouve soudainement mise à prix. Daniel De Belie
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Date de création: 23/04/2008
Mine inépuisable de superhéros, les éditions Marvel ont généré, en dix ans, 5 milliards de dollars en portant Spider-man, les X-Men et les 4 Fantastiques à l’écran. « Iron Man » a tous les atouts pour s’inscrire dans cette tradition. Avec une armée de 5000 personnages, Marvel dispose d’un enviable patrimoine de héros à destination du grand écran. Mais, jusqu’à présent, les succès au cinéma de Spider-man, Batman et autres X-Men ne profitaient qu’aux studios auxquels Marvel avait cédé les droits d’adaptation. La plus spectaculaire illustration en étant les trois « X-Men », qui auront rapporté 2 milliards de dollars à la Fox et 26 millions à peine à Marvel. Aussi, fort de cette leçon et échaudé par la course d’obstacles qu’aura été la mise en chantier d’« Iron Man », l’éditeur a décidé de créer sa société de production, Marvel Studios, dont « Iron Man » est le premier de dix projets. Des écueils dans la mise en chantier d’« Iron Man » ? Oui ! Ils commencent dès 1990, lorsque Universal achète les droits d’adaptation, avant de les revendre, six ans plus tard, à la Fox, sans les avoir exploités. Nicolas Cage est alors sur les rangs pour incarner l’Homme de fer, comme il sera également envisagé pour se couler dans la combinaison de Spider-man. Mais, pas plus qu’Universal, la Fox ne donne suite au projet et cède sa priorité à New Line, avant que Marvel ne récupère les droits de sa création et la porte elle-même à l’écran. Nous sommes alors en 2006. Partiellement inspiré de la personnalité excentrique du milliardaire Howard Hughes, Iron Man apparaît pour la première fois dans la bande dessinée « Tales of suspense », en 1963. A la différence de Superman ou de Spider-man, Iron Man est un homme ordinaire, un fabricant d’armes qui a acquis des pouvoirs extraordinaires par son seul génie inventif. Pour le rendre plus humain, et donc plus vulnérable, ses créateurs l’ont doté d’un cœur fragile. Le premier défi des scénaristes aura été de résumer une histoire de plus de quarante ans en un seul film. Le second, d’actualiser le cadre politique du héros, à l’origine un anticommuniste pur et dur capturé, alors qu’il visite le Viêt-nam en guerre, pour observer l’efficacité de sa technologie sur le théâtre des opérations. Finalement, la difficulté aura été éludée en s’en tenant à l’origine du personnage et en plaçant l’intrigue en Afghanistan. A 42 ans, Robert Downey Jr (« Ally McBeal ») n’était pas le choix le plus évident pour incarner ce superhéros. Son passé de drogué et d’alcoolique, et son séjour à l’ombre pour avoir abusé de ses démons l’ont en effet mis longtemps sur la touche. Du moins aura-t-il pu puiser dans sa propre expérience pour interpréter Tony Stark, dont l’autre faiblesse est précisément l’addiction à l’alcool. Conscient de sa chance, Downey s’est soumis à un entraînement draconien pour se muscler et retrouver un ventre plat. Tout aussi audacieux que le choix de Downey fut la décision de déplacer l’action de New York à Los Angeles. Une facilité de tournage mais aussi un hommage à Howard Hughes, dont le hangar qui vit la construction de son avion géant, le « Spruce Goose », servit de décor pour les scènes d’intérieur, notamment celle de la caverne où Stark est prisonnier des talibans et assemble son armure. Daniel De Belie |
Date de création: 16/04/2008
Voyage au bout de l’imaginaire : une robinsonnade qui enseigne Publié en 1999 par Wendy Orr, sous la forme d’un roman pour jeunes adolescents, « L’île de Nim » est porteur d’une belle leçon au terme de laquelle nous serions tous plus courageux que nous le croyons. Un credo illustré par le personnage d’une romancière timorée et agoraphobe qui, émue par la détresse d’une jeune lectrice, va traverser le monde et braver les dangers pour la secourir. Lorsqu’elle découvre le livre dans une librairie, la productrice Paula Mazur s’étonne que les droits cinématographiques en soient toujours disponibles. Elle s’en porte aussitôt acquéreuse et s’associe avec Walden Media, pour la partie financière, et avec le couple Mark Levin/Jennifer Flackett, pour la scénarisation et leur aisance à traiter d’émotions fortes, à l’âge du passage à l’adolescence. Ce sont eux, en effet, qui écrivirent et réalisèrent « Little Manhattan », sur deux enfants de 11 ans frappés par un coup de foudre réciproque. Pour le choix de la jeune interprète de Nim, l’équipe du film n’aura pas à chercher bien loin. Une seule vision de « Little Miss Sunshine » aura suffi à convaincre Paula Mazur qu’Abigail Breslin était l’actrice rêvée. A l’exemple de Nim, la jeune fille aura dû pourtant relever les nombreux défis physiques d’une existence de Robinson. Comme apprendre à plonger en apnée, à crier sous l’eau, à glisser en l’air suspendue à un câble et à nager avec les poissons. Elle dut même se laisser tracter dans l’eau par des otaries de 200 kg. Jodie Foster partage avec Abigail Breslin une carrière commencée dans l’enfance. Si elle a d’emblée accepté le rôle de l’écrivain, c’est qu’elle connaissait « L’île de Nim » par son fils aîné. Sa seule réserve, mais elle sut la surmonter, fut la rudesse des épreuves physiques. Jodie Foster avoue en effet ne pas trop priser les sports extrêmes. Quant au héros aventurier, qui de plus adéquat que le romantique et viril interprète de « P.S. : I love you » et de « 300 », Gerard Butler ? Trois animaux, amis de Nim, ont leur importance dans l’intrigue : Selkie l’otarie, Fred l’iguane et Galilée le pélican. Pour trouver la bonne Selkie, les dresseurs firent appel à Sea World Australia, non loin du site du tournage, sur la Gold Coast du Queensland australien. L’aquarium proposa les services de deux de ses otaries mâles, l’une se substituant à l’autre en cas de refus de « jouer » de l’une d’elles. Le plus dur pour les deux mammifères, habitués de travailler à côté de leurs dresseurs, fut de le faire à distance et de s’adapter à la présence de caméras, de lumières et de toute une équipe. Pour jouer Fred, les dompteurs choisirent cinq iguanes, tous appelés à se partager le même rôle. Connus pour être assez dociles et apprécier le contact humain, ces reptiles sont néanmoins rigides et n’offrent pas une grande nuance dans leur jeu. Tout le contraire des pélicans, qui adorent les remerciements par le biais de caresses et de poissons. Si la plupart des animaux sont réels, certains furent néanmoins animés. Comme la tortue de mer, une espèce en voie d’extinction et trop fragile pour supporter un tournage. Daniel De Belie
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Date de création: 09/04/2008
Dans le décor fastueux des cours de la Renaissance, il n’était pas rare de pousser ses filles dans le lit du monarque pour assurer l’ascension sociale de la famille. Les amours du roi d’Angleterre Henry VIII (1509-1547) et d’Anne Boleyn ont toujours fasciné les cinéastes, depuis que Charles Laughton et Merle Oberon prêtèrent leurs traits au monarque et à sa maîtresse, dans le film d’Alexander Korda, « The private life of Henry VIII » (1933). Leur succédèrent, notamment, les couples Robert Shaw/Vanessa Redgrave (« Un homme pour l’éternité »), Richard Burton/Geneviève Bujold (« Anne des mille jours ») et Keith Mitchell/Charlotte Rampling (« Henry VIII et ses six femmes »). La nouveauté, c’est l’apparition, dans le décor, de la sœur d’Anne Boleyn, Mary, qui fut effectivement la maîtresse du roi avant de passer le relais à son aînée. Une prudence qui lui permit de finir sa vie dans son intégrité physique et en toute quiétude. C’est la romancière britannique Philippa Gregory, associée au genre de la fiction historique et plus particulièrement focalisée sur l’Angleterre des Tudors, qui attira l’attention de Hollywood sur ce personnage dont l’histoire ne conserva que peu de souvenirs. Une absence d’informations qui obligea Scarlett Johansson à se reposer sur l’imagination de la romancière, alors que Natalie Portman n’avait que l’embarras du choix pour ses sources. Outre le concours de Philippa Gregory, le cinéaste Justin Chadwick s’entoura de conseillers en matière de costumes, de mobilier et d’étiquette à la cour des Tudors et sélectionna les lieux les plus prestigieux pour y insérer son intrigue. Daniel De Belie
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